LES PATHOLOGIES  DU SOMMEIL

Le syndrome d’apnées du sommeil, ou SAS, est un véritable problème de santé publique, qui s’avère malheureusement encore largement sous diagnostiqué. Il touche environ 5% de la population soit près de 3 millions de francais. Le SAS se caractérise par une diminution voire un arrêt complet du flux respiratoire de façon récurrente pendant le sommeil.

Tout sujet peut avoir ponctuellement une diminution de sa respiration pendant le sommeil, mais au-delà de 5 événements/Heure, on parle de syndrome d’apnées du sommeil. Au delà de 30 événements/Heure, le SAS est jugé sévère.

Le SAS : Symptômes

Les symptômes cliniques sont multiples, diurnes et nocturnes.

La Nuit : ronflements, pauses respiratoires, sommeil fragmenté, sommeil agité, sueurs, levers répétés pour uriner.

Le Jour : maux de tête, fatigue, somnolence, troubles de l’humeur, de la libido, troubles de concentration ou de l’attention.

En effet, en altérant la qualité de sommeil, le SAS augmente la somnolence diurne, le risque d’accident de la route, altère la mémoire, baisse les performances au travail, augmente l’absentéisme, mais augmente également le risque d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus, d’hypertension artérielle, de trouble du rythme cardiaque ou encore de diabète.

Le SAS : Complications

Les troubles respiratoires nocturnes ont des conséquences multiples et potentiellement graves sur la santé. En dehors des symptômes cliniques décrits ci-dessus, le SAS est surtout redouté pour ses conséquences cardio-vasculaires et métaboliques. En effet, il augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus du myocarde, de trouble du rythme cardiaque, d’hypertension artérielle et de diabète.

Le SAS : 2 natures, centrale ou obstructive

Le SAS obstructif est le plus fréquent. Il est la conséquence d’une obstruction partielle ou complète des voies respiratoires supérieures durant le sommeil. Ses étiologies sont multiples: surpoids, petite mâchoire, nez bouché, grosses amygdales, alcool, médicaments psychotropes…

Le SAS central est plus rare. il est la conséquence d’une défaillance ou d’une anomalie de la commande cérébrale sur la respiration. Ses causes sont très variées: maladie neuro-musculaire, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque, médicaments à base de morphine…

Le SAS : Traitements

Le traitement de référence du SAS est la ventilation par PPC ou pression positive continue. Il s’agit d’une petite machine qui souffle de l’air sous pression au niveau du nez et de la gorge pour maintenir parfaitement ouvertes les voies respiratoires  durant le sommeil. Relativement confortable et avec peu d’effets indésirables, il s’agit du traitement le plus efficace à ce jour pour corriger le syndrome d’apnées du sommeil. Il concernait plus de 850 000 francais en 2016.
*La PPC est remboursée par la CPAM sous conditions, selon résultats de la polysomnographie ou polygraphie.

L’alternative efficace à la PPC est l’orthèse d’avancée mandibulaire. Il s’agit de dégager le fond de gorge et de mettre en tension la musculature pour en limiter les vibrations grâce à un petit appareil dentaire qui force la mâchoire inférieure à s’avancer.

Le dispositif est plutôt confortable mais nécessite un état dentaire très correct. Des soins sont parfois nécessaires avant la mise en place du système. Bonne option thérapeutique chez les patients ayant un rétrognatisme (petite mâchoire en retrait), l’indication de l’orthèse est validée par un spécialiste de l’appareil manducateur, qui réalise les moulages, la mise en place et le suivi ultérieur.

Ce dispositif est privilégié pour les formes modérées d’apnées du sommeil et chez les patients qui n’ont pas de maladies cardio-vasculaires majeures. Environ 15 000 francais étaient porteurs d’une orthèse de ce type en 2016.
*L’orthèse d’avancée mandibulaire est remboursée par la CPAM sous conditions, selon résultats de la polysomnographie ou polygraphie.

L’orthèse positionnelle fait également partie de l’arsenal thérapeutique et permet de corriger le syndrome d’apnées du sommeil strictement positionnel. En effet certains patients ne développent d’apnées que lorsqu’ils dorment sur le dos.

Il s’agit d’un phénomène physique simple, la position dorsale favorisant la chute de la langue en arrière et majorant ainsi l’obstruction des voies respiratoires. Dormir sur le côté n’est pas aussi simple qu’il y parait, car nous ne maîtrisons pas notre position la nuit. L’utilisation de dispositifs type orthèse positionnelle permet de palier à ce problème.

Il en existe différents modèles en vente libre en pharmacie ou sur internet  (non remboursés) mais vous pouvez également en confectionner une par vous-même en cousant une balle de tennis au dos d’un t-shirt.

Le surpoids étant une des causes principales au développement d’apnées du sommeil, l’amaigrissement permet d’améliorer voire de totalement guérir le problème. Un régime alimentaire bien suivi, ou la chirurgie bariatrique pour les obésités les plus sévères, sont des options thérapeutiques toujours abordées par le médecin lorsqu’un SAS est diagnostiqué.

Enfin la chirurgie ORL et maxillo-faciale, bien que plus agressives pour le patient, est parfois nécessaires pour corriger le SAS. L’ablation des amygdales et des végétations est d’ailleurs le traitement de première intention chez l’enfant apnéique. La chirurgie des fosses nasales est très utile chez les patients ayant toujours le nez bouché malgré les traitements médicamenteux. La chirurgie maxillo-faciale, bien plus rare, reste une option intéressante chez les patients ayant un rétrognatisme prononcé (effet thérapeutique et esthétique).

Les traitements du futur. La recherche est assez prolifique dans le domaine du sommeil mais aucune innovation n’a supplanté à ce jour la ventilation par PPC ou l’orthèse d’avancée mandibulaire. On pourrait citer le système Inspire, neurostimulateur lingual, le système iNAP, aspirateur buccal, ou encore nastent, prothèse endonasale.

LES AUTRES PATHOLOGIES DU SOMMEIL

Bien que très fréquents, les troubles respiratoires nocturnes ne sont pas la seule explication à un mauvais sommeil, loin de là.

La mauvaise hygiène de sommeil. Le sommeil est un processus physiologique fragile, avec une base génétiquement programmée, mais finement contrôlé par des régulateurs hormonaux, ainsi qu’un synchroniseur externe puissant qu’est la lumière. Se coucher et se lever à heures variables, consommer beaucoup d’excitants comme la caféine, s’exposer de manière prolongée à des sources de lumière puissantes comme celles de nos tablettes et smartphones, peut engendrer des désordres profonds dans notre sommeil. Il est donc indispensable de veiller à se coucher et se lever à heure fixe, limiter la consommation d’excitants après 14H, arrêter tablette/smartphone/télévision après 22H30-23H (ou alors utiliser des filtres à lumière bleue), et plutôt privilégier la lecture le soir. Pour les sujets ayant une horloge biologique décalée (couche-tôt ou lève-tard), l’utilisation de systèmes de luminothérapie peut s’avérer très utile.

Le syndrome de jambes sans repos ou impatiences. Il s’agit d’un trouble assez fréquent, souvent bénin, qui apparait au repos au niveau des jambes et parfois des bras, en général en fin de journée et qui provoque une sensation désagréable parfois douloureuse mais qui est soulagée par le mouvement. Il n’y a souvent pas de cause à ce symptôme mais il faut toujours rechercher une carence en fer, une insuffisance rénale, une dysthyroïdie ou une neuropathie. Le diagnostic différentiel le plus fréquent est l’insuffisance veineuse, qui provoque plutôt une sensation de jambes lourdes le soir soulagée par le repos et la surélévation.

Le syndrome dépressif, les troubles anxieux. Les troubles de l’humeur et le stress sont souvent associés à une altération de la qualité de sommeil. Les difficultés d’endormissement, les éveils prolongés, ou le réveil précoce le matin, symptômes que l’on rassemble sous le terme d’insomnie ou dysomnie, peuvent en être l’expression. La fatigue et la somnolence en journée en sont souvent la conséquence. La gestion du stress et l’insomnie nécessitent parfois de consulter un psychologue avec compétences en sophrologie, d’apprendre des techniques de relaxation, d’utiliser des thérapies cognitivo-comportementales ou encore d’employer transitoirement des médicaments (anxiolytiques, hypnotiques). Le syndrome dépressif peut, quant à lui, justifier le suivi par un psychiatre, l’emploi de médicaments (antidépresseurs), et parfois la luminothérapie dans les formes saisonnières hivernales.

La narcolepsie. Il s’agit d’une maladie rare, qui touche l’adulte jeune, et qui provoque des accès de somnolence incontrôlables, des hallucinations, et parfois des accès de faiblesse musculaire provoqués par les émotions. Le diagnostic est difficile et nécessite des enregistrements répétés du sommeil, des tests de vigilance en journée pour objectiver la somnolence excessive et rechercher des épisodes de sommeil paradoxal ou rêve.

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